(piano solo)

est une musique des seuils,
des reflets et des tensions fécondes.

C’est un lieu de passage entre
Arvo Pärt, Roberto Negro et
des poètesses contemporaines.

Un lieu de transformation et d’histoires.
Une écoute du fragile,
du presque qui s’amasse dans l’ombre.
Comme une surface calme,
traversée de forces invisibles.

Je porte depuis longtemps le désir d’un disque très intime, capable d’embrasser toutes les dimensions de mon travail au piano :  
l’interprétation, la composition, l’improvisation, et ce lien profond que j’entretiens avec la voix et les formes chantées. Le chemin a demandé du temps, de l’attention, afin que ces facettes ne s’additionnent pas mais circulent librement les unes vers les autres. Je cherche la continuité, la respiration, cette manière qu’a la musique de se transformer sans couture.

Après quelques détours, j’ai choisi de centrer cet opus sur la figure d’Arvo Pärt, d’interpréter une partie de ses oeuvres pour piano, celles des années 50 (à une exception près !) et d’écrire à partir d’elles, dans leur voisinage, dans leur élan. Le travail d’écriture s’est porté sur des cellules très courtes issues de l’œuvre d’Arvo, comme un matériel génétique, un biome qui a nourri de nouvelles créations. Comme un héritage qui, en passant à travers moi, trouve d’autres formes, d’autres lumières.

Ce disque devient un lieu de rencontres imaginaires. Les lignes de Pärt y croisent celles d’Alejandra Pizarnik et d’autres poétesses contemporaines. Dans leurs mots, je trouve une résonance, une ouverture pour le chant et des vibrations plus intimes. Le temps agit lentement, laisse les éléments infuser jusqu’à faire naître une matière nouvelle. J’imagine l’énergie de ce disque comme une lumière d’hiver sur un lac. Une clarté vaste qui respire largement. La musique avance à son rythme, parfois grave, mais toujours traversée d’une malice discrète.

L’écoute peut s’y promener librement. Le parcours s’organise en deux grands paysages: l’un autour de la Partita, l’autre autour de la Sonatina n°2, avec l’incontournable Für Alina comme point de bascule . Les œuvres de Pärt y apparaissent, se diffractent, entrent en résonance avec les chansons et les autres pièces, ouvrant un espace commun où tout dialogue.

Roberto Negro