Pärt & Songs

Solo intime

Roberto Negro fait dialoguer les œuvres pour piano d’Arvo Pärt avec ses propres compositions, chansons et improvisations.

En partenariat avec France Musique.

Line-up

Roberto Negro
composition, piano, voix

Invité·es

Eva Zaïcik
mezzo-soprano

Eric-Maria Couturier
violoncelle

Gabriel Lemaire
clarinette alto, saxophone alto (sur « Le Fil »)

Steve Arguelles
percussions (sur « Dall’alto degli anni »)

Poèmes

Alejandra Pizarnik

Jin Eun-young

Mariangela Gualtieri

Laura Liberale

Emma Romeo

Présentation

J’ai choisi de centrer ce disque sur la musique d’Arvo Pärt, d’interpréter une partie de ses œuvres pour piano, celles des années 50 (à une exception près !) et d’écrire à partir d’elles, dans leur voisinage, dans leur élan. Le travail d’écriture s’est nourri de cellules très courtes prélevées dans les œuvres de Pärt présentes sur le disque, comme un matériel génétique à partir duquel ont émergé de nouvelles créations. Comme un héritage qui, en passant à travers moi, trouve d’autres formes, d’autres lumières.

Ce disque devient un lieu de rencontres imaginaires. Les motifs de Pärt y croisent celles d’Alejandra Pizarnik, Laura Liberale, Jin Eun-young et d’autres poétesses contemporaines. Dans leurs mots, je trouve une même attention au silence, au dépouillement, à ce qui cherche à apparaître au-delà des mots. Ces poèmes ouvrent naturellement un espace pour le chant, pour des vibrations plus intimes, laissant apparaître en filigrane les fragilités de notre temps. La musique avance à son rythme, parfois grave, mais toujours traversée d’une malice discrète.

L’écoute peut s’y promener librement. Le parcours s’organise en deux grands paysages : l’un autour de la Partita, l’autre autour de la Sonatina n°2, avec l’incontournable Für Alina comme point de bascule. Les œuvres de Pärt y apparaissent, se diffractent, entrent en résonance avec les chansons et les autres compositions. Elles sont devenues pour moi moins des références que des présences, avec lesquelles je continue de chercher.
Pensé pour une grande proximité avec le public, ce solo privilégie l’écoute du détail, du souffle et des résonances fragiles.

Roberto Negro

Composée en 1958, la Partita pour piano occupe une place unique dans l’œuvre de Pärt. À la fois d’une clarté formelle exemplaire et d’une inventivité rythmique et contrapuntique saisissante. Chaque mouvement explore une idée avec une intensité presque architecturale : la fluidité fébrile de la Toccatina, la précision de la Fughetta, la tension suspendue du Larghetto, et la puissance cumulative de l’Ostinato. Ce mélange rare de rigueur et d’élan vital confère à la pièce une dimension intemporelle.

Elle offre au piano un terrain de jeu à la fois technique, formel et profondément expressif, où chaque détail participe d’un équilibre d’ensemble d’une grande justesse.

Composée en 1959, la Sonatina n°2 se déploie dans une écriture profondément singulière, à la fois rigoureuse et libre, où chaque motif semble s’observer et se transformer dans le miroir de son propre écho.

La Sonatina n°2 se distingue par un flux continu, une fluidité qui relie ses trois mouvements imaginaires : l’élan du premier, la retenue méditative du centre, et la clarté rythmique du dernier, construit à la manière d’un rondo. Les thèmes s’y répondent avec une logique interne, sans heurts ni éclats, comme si Pärt cherchait déjà cette unité secrète entre tension et apaisement, entre forme et respiration.

Les procédés polyphoniques (lignes en miroir, ostinatos, séquences) révèlent la fascination du jeune compositeur pour l’architecture sonore autant que pour la transparence du timbre. Dans cette pièce concise mais dense, tout semble orienté vers une économie de moyens, un équilibre fragile entre mouvement et silence. On y perçoit déjà, sous la rigueur du style, la quête d’un monde intérieur que Pärt ne cessera d’approfondir.

Composée en 1976, Für Alina marque pour Arvo Pärt un point de bascule. Après des années de silence, elle est la première œuvre écrite dans le style tintinnabuli, ce langage d’une clarté absolue où rigueur et dépouillement deviennent sources de lumière.

Deux voix, distinctes mais inséparables, tissent ici un espace d’une pureté extrême : la mélodie s’élargit puis se résorbe, liée à une triade immuable. Au cœur de cette architecture fragile, Pärt glisse deux infimes accidents : une dissonance furtive, puis une coda inattendue, comme une promesse d’autre chose, un souffle de recommencement.

Mais Für Alina est avant tout une expérience du silence. Arvo Pärt demande qu’elle soit jouée « calmement, dans un état d’élévation, à l’écoute de soi ». Chaque son semble naître du vide et y retourner, suspendu dans une lumière qui ne s’éteint jamais, un moment de pure écoute, où l’espace intérieur s’ouvre.

« Für Alina est la seule œuvre de son répertoire plus récent que j’ai enregistrée pour ce disque. Mon parti pris est très simple : installer des microphones au plus près du piano et de moi-même, jouer le moins fort possible et révéler toute la poésie sonore de la mécanique qui percute ou frotte et des tissus qui froissent. Ce dispositif fait basculer la pièce dans une autre temporalité. Un « Für Alina » contextualisé, au plus près possible de la vie du piano et du pianiste. » Roberto Negro

Pärt & Songs │ Teaser

Arvo Pärt, Für Alina

Arvo Pärt, Partita Op.2

Disque : Pärt & Songs (2026)

Format

CD, Vinyle, Digital

Label

Label Bleu

Crédits

Ninon Hannecart-Segal : conseil artistique pour l’enregistrement des pièces pour piano d’Arvo Pärt
Greg Gilg : conseil artistique vocal pour Roberto Negro

Enregistré par Mathieu Pion et Pierre-Emmanuel Mériaud
Mixé par Mathieu Pion
Masterisé par Pierre-Emmanuel Mériaud

Production : Full Rhizome
Coproduction : Label Bleu

Soutiens : DRAC AURA, Région AURA, SPEDIDAM, SCPP, Maison de Musique Contemporaine, CNM

Ce disque est en partenariat avec France Musique

Direction artistique, réalisation, photographie : Jean-Pascal Retel

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